POURQUOI JE SUIS FéMINISTE

Mes engagements / écrit par Candice Colin | Avr 11, 2014

MES ENGAGEMENTS 



En 2012, Carla Bruni déclarait dans une interview au magazine Vogue «  dans ma génération, on n’a pas besoin d’être féministe »  Propos surprenant pour une femme que l’on avait connue plus engagée pour la cause des femmes. Volée de bois vert sur le net, et Carla de faire son mea culpa.  Pourtant, ces propos, j’aurais pu les tenir mot pour mot il y a 20 ans. J’étais alors jeune étudiante en sciences politiques, et je pensais naïvement et sincèrement, que mes droits, mes chances, étaient en tout point identiques à celles des garçons qui m’entouraient sur les bancs de l’amphi.

Pour moi, ce n’est qu’en 2004 que les choses se gâtent. Monsieur Mari me propose de nous installer en famille, en Russie, pour une expatriation dont on ne cerne pas bien la durée. Je travaille alors dans un grand groupe bancaire et je suis enceinte de mon deuxième enfant.  Mon poids économique au sein du foyer est le plus faible, la question est donc vite réglée à moins bien-sûr d’expédier Monsieur Mari tout seul au pays des Soviets. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je me retrouve dans l’avion, direction Moscou. Maman au foyer, vous l’avez compris, je ne m’y vois pas. Mais je suis surtout terrorisée par cette dépendance financière qui se créée.

L’histoire s’est bien terminée grâce à l’entreuprenariat. Au final, j’ai créé mon propre emploi et j’ai pu rebondir… Mais ce n’est pas toujours le cas, loin de là.  Je sais  que je suis privilégiée. Je suis désormais convaincue que nombreuses sont les femmes qui, consciemment ou inconsciemment, n’ont pas une vraie liberté de choix, soumises à une inégalité salariale et professionnelle encore redoutable, à un partage inéquitable et assassin des responsabilités familiales (nous y reviendrons ...) C'est vrai que mon engagement  se situe aujourd’hui davantage dans la sphère économique, car l'indépendance financière des femmes est pour moi la clé de toutes les libertés. Toutefois je n'oublie pas que 750 00 femmes majeures sont violées en France tous les ans et  que plus de 110 femmes meurent chaque année sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon.

Donc oui, il est urgent d’être féministe dans notre génération ; non pas comme certains se l’imaginent pour promouvoir une sorte de machisme inversé. Je refuse la hiérarchie entre les sexes. Il ne s’agit donc pas de lutter contre les hommes mais simplement d’accéder à l’égalité.

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