CHANGER DE RéGION : MON INSTALLATION DANS LE SUD 5 ANS APRèS

Ma vie d'entrepreneuse / écrit par Candice Colin | Nov 14, 2014

MA VIE D'ENTREPRENEUSE 

Régulièrement, les magazines consacrent articles, dossiers spéciaux, à ce grand désir que beaucoup d’entre nous nourrissent, celui de changer de vie : quitter Paris, s’installer en province ou dans une région que l’on considère plus accueillante.  Fastoche ? Pas vraiment et j’en connais un rayon puisque le grand saut, je l’ai déjà fait 3 fois.

La première, en 1993, je quittais mes montagnes pour terminer mes études à Paris. Cette transition là a été très facile. J’ai immédiatement adoré Paris et je ne me voyais d’ailleurs pas vivre ailleurs.  Du coup, 11 ans plus tard, le départ à Moscou a été très dur. Et pourtant, il s’agit à ce jour de mon expérience la plus intense, celle bizarrement qui fait encore battre mon coeur. En 2009, nous avons choisi de nous ré-installer  en France. Pas de retour à Paris, non.  Direction la Côte d’azur, Grasse, la capitale mondiale du parfum.

Sur le papier, la vie rêvée. Nous nous installions dans notre maison de vacances, dans une région incroyable. Passé l’euphorie des 3 premiers mois, du genre : « woouuuuh, incroyable  à Moscou ils sont en doudoune et nous on est encore en short » ! , j’ai déchanté. Faire son trou dans une nouvelle région, où on ne connaît personne. Pas facile. On pense parfois que l’herbe est plus verte ailleurs et ce n’est pas toujours le cas. Mais au final, 5 ans plus tard, j’y ai trouvé mon équilibre et j’y suis très heureuse.

Le bilan est pour moi largement positif.

1 - Nous avons une qualité de vie  incroyable. Et ça, c’est juste dingue, surtout quand on arrive de Russie. Vous pouvez en une seule journée passer de la montagne à la mer. Les stations du Mercantour ne sont qu’à une heure de Nice. Au printemps, il est tout à fait possible de skier le matin et d’aller à la plage ou faire du bateau dans l’après-midi.

2 - Les multiples activités – là aussi si je compare avec Moscou et même Paris, ici c’est top. Alors que l’organisation de toute activité sportive pour les enfants était très compliquée et hors de prix en Russie, ici c’est open bar pour les petits et nous aussi. Pour ma part, je suis devenue cavalière sur le tard, et après toute une vie spatules aux pieds, je suis maintenant une fan de snowboard.

3 - La luminosité et le climat font office de booster. Quelle différence par rapport à Moscou où l’hiver et son manque de lumière sont à la longue difficiles à supporter ! Ici, le temps est incroyable, et même si je compare avec Paris, je vois une différence très nette sur mon humeur.

4 - Des escapades de rêve à 2h30 de route - Parmi mes coins chouchous : la camargue (cheval oblige :)),  le Lubéron,  les alpines et  tous les coins qui sentent bon la Provence et les romans de Marcel Pagnol !

5 - J’y ai trouvé un écrin scientifique magnifique pour OFFICINEA. Pour être très franche, je ne m’attendais pas à trouver un lieu tel qu’ Innovagrasse, dans la capitale des parfums. C’est dans cet endroit génial dédié aux sociétés innovantes de la région que nous avons installé OFFICINEA. Nous restons une société à taille humaine  mais nous bénéficions d’un écosystème et d’infrastructures au top niveau : des locaux géniaux, des labos mutualisés, et même au sein du bâtiment, l’université de chimie de Nice Sophia Antipolis avec laquelle nous avons initié un premier partenariat.

A côté de cela il y a quand même quelques points sérieusement moins cools, auxquels tous les candidats au départ doivent vraiment réfléchir.

1 - Le premier et plus important est sans conteste la difficile intégration professionnelle. Il est en effet très compliqué de faire son trou professionnellement. Et j’en parle en connaissance de cause. Beaucoup repartent faute d’avoir bien préparé leur arrivée, d’autres installent leurs familles (souvent femmes et enfants bien-sur, l’inverse est plus rare…) et font des allers retours vers Paris toute la semaine. Ici, les places sont  chères, très chères.

2 - Les prix de l’immobilier. Même s’ils ont baissé, ils restent très très élevés. Le soleil lui aussi coûte très cher.

3 - L’omniprésence de la voiture : elle est nécessaire quasiment pour tout. Et c’est parfois chaud chaud avec 2 enfants aux multiples activités … Les mercredis peuvent vite se transformer en séance de taxis, stress assuré (enfin pour moi ..) A tous les parisiens qui rêvent de s’échapper des embouteillages interminables qu’ils connaissent au quotidien, la côte d’azur n’est pas une sinécure.

Et vous, avez déjà changé de région ? Comment cela s’est-il passé. N’hésitez pas à partager avec nous votre expérience.

Pour ne louper aucun de mes billets, n’hésitez pas  à vous abonner. Ca se passe sur colonne de droite. A très bientôt.

 

 

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